Seule la musique libre adoucit les mœurs… pas l’autre !
Par PIA
Depuis la nuit des temps et depuis que l’homme est homme, la musique est là. Mais depuis combien d’années seulement, constitue-t-elle un métier, une source de revenu pour celui qui la créée, et pire : une industrie ! A l’échelle de l’humanité, une fraction de seconde seulement !
Par contre, de tous temps, elle a été, pour ceux qui la font et ceux qui la reçoivent, une source de plaisir, d’émotion, de relaxation, d’apaisement (oublions les chants guerriers de sinistre mémoire), de bonheur, et même une thérapie pour le corps et pour l’âme.
En ces temps troublés où le moral des français est en berne et leur pouvoir d’achat dans les chaussettes (ou les bas de laine), nos sacro-saints artistes soutenus par une SACEM plus que jamais teigneuse et une industrie du disque totalement perdue dans sa courbe de deuil, je me demandais s’il en restait encore quelques uns (d’artistes) pour lesquels la préoccupation première serait d’apporter du bonheur, de donner, d’échanger, de partager, de soulager, d’aimer, de soigner. Cela nous changerait des débats virulents sur les chiffres d’affaires du disque, les pertes et profits des majors, les taxes, les lois, les procès et autres joyeusetés que tout ce beau monde essaye de nous vendre alors même que se rendre à son travail risque fort de devenir, sous peu, un luxe inaccessible à beaucoup de ceux qui en ont encore un (de travail).
En ces temps dégradants où la violence verbale ou physique, (télé)visuelle ou psychique est partout, l’agression, le harcèlement et la judiciarisation quotidiens, n’aurions-nous pas besoin plutôt d’un peu de répit, de calme et d’apaisement surtout en abordant un sujet ayant trait avant tout au divertissement et au plaisir ?
Alors que la musique n’a jamais été aussi accessible, mais aussi jamais si indispensable à cicatriser les plaies de l’humanité, en voyant ses représentants prétendus « officiels » s’agiter ainsi, sortir tout grand leurs griffes et menacer d’embastiller les internautes après les avoir, sans scrupules, soumis à une gabelle inique, je me demandais si véritablement elle adoucissait les mœurs, LEUR MUSIQUE ! « Peace and love » messieurs !
Je me demandais aussi parmi tous ces grands créateurs d’œuvres musicales qui revendiquent qu’on ne touche pas à leur gagne-pain, combien d’entre eux seraient prêts à offrir le fruit de leur dur labeur, ne serait-ce qu’une fois, à des gens moins chanceux qu’eux. Oh, certes, l’on va m’opposer qu’il y a les enfoirés des Resto du Cœur, les innombrables CD caritatifs et humanitaires et tous ces artistes qui ont « leurs bonnes œuvres » et qui n’en font pas étalage. Tout cela est charmant, mais je voudrais bien connaître la part du chiffre d’affaire de la SACEM ou de l’industrie du disque qui finalement arrive un jour dans des caisses associatives ou dans les poches des plus démunis.
Payante ou pas, en tout cas, la musique qu’on ne conçoit ici qu’en libre et très large diffusion, doit être, à mon sens, accessible à tous, mais en priorité à ceux qui en ont le plus besoin.
La musique est un voyage, une liberté, un vecteur, une drogue, une thérapie capable de faire réapparaître comme par magie un sourire sur le visage d’un enfant cancéreux, de faire « s’évader » des détenus, de calmer les délires d’un schizophrène ou les angoisses d’un dépressif, et bien d’autres choses encore, y compris parfois de sauver des vies et même - en sont-ils conscients ? - de remonter le moral des français pour qu’ils consomment enfin frénétiquement !
Alors, puisque LEUR MUSIQUE ne s’y destine visiblement pas, je rêve que demain, la MUSIQUE LIBRE, elle, soit déclarée d’intérêt général, qu’elle envahisse les hôpitaux, les prisons, les centres sociaux ou médico-psychologiques, les écoles, les services d’urgences, les centres de désintoxication, les rues aussi et tous les lieux où il y a bien besoin d’adoucir les maux, d’adoucir les cœurs, d’adoucir les mœurs (à l’Elysée aussi donc du coup !) et surtout… partout où il serait parfaitement indécent de facturer, ne serait-ce que 0,80 €, l’accès à 3 petites minutes de bonheur dans une vie en charpie.
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